Aux confluents de l’Akiawenhrahk

Plusieurs principes clés de la relationnalité
et des souverainetés autochtones et 2ELGBTQIA+
 
Discussion avec Léuli Eshrāghi et arkadi lavoie-lachapelle, guidée par Myriam Le Lan À la Charpente des fauves,  Onyionhwentsïio’
7 mai 2024




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À force de travailler activement pour l’alliance, à réfléchir, à se remettre en question, à organiser des activités tout au long de l’année, un besoin s’est fait sentir : celui de mieux comprendre comment construire et surtout maintenir un espace où tous les membres de l’Alliance se sentiraient à l’aise de s’exprimer. Un espace sécuritaire. C’est avec cette idée en tête que nous avions invité les artistes et commissaires Léuli Eshraghi et arkadi lavoie lachapelle pour cette troisième discussion, dont nous avons confié l’animation à Myriam Le Lan. Iels nous ont rapidement fait réaliser qu’il était sans doute utopique d’espérer un tel espace. Au bout de plusieurs échanges – et pour avoir échangé, on a échangé! –, nous en sommes arrivé·e·s, en grande partie grâce au travail de Léuli et d’arkadi, à une discussion sur plusieurs principes clés de la relationnalité et des souverainetés autochtones et 2ELGBTQIA+.

Cette discussion a porté sur des pratiques artistiques, commissariales, gestionnaires et pédagogiques autant ancrées dans le vivre ensemble que dans l’apprivoisement de l’altérité, en vue d’apporter un cadre tangible aux réflexions en cours pour l’Alliance entre les centres d’artistes autogérés Ahkwayaonhkeh et VU. Le tout inspiré par les contributions d’arkadi et de Léuli au numéro 3 : Souverainetés de la revue Cigale de 2022.




 
Dans cette image, on voit arkadi qui a invité les personnes présentes à faire avec iel un exercice, en cercle : à tour de rôle, chacun·e devait faire un geste représentant son émotion du moment. L’idée, c’était que tout le monde reproduise ce geste tou·te·s ensemble, et de poursuivre à tour de rôle, jusqu’à ce qu’on ait fait le tour du cercle. C’est difficile à décrire, mais ce moment nous a lié. Peut-être qu’on peut dire qu’il nous a mis en relation?

Ensuite, arkadi et Léuli ont fait  la présentation de leurs projets et expériences. arkadi a notamment parlé de ses projets Le travail que l'on rêve gratuit (2022) et Juste pour fuir (2020-2022), autour des soins postmortems et de l’industrialisation de la mort. Léuli a de son côté parlé de son travail d’artiste avec afiafi et de ses projets de commissariat D’horizons et d’estuaires: entre mémoires et créations autochtones (2020) et So Fuckin Native (2011).

Ces présentations ont été riches en réflexions sur les façons dont les démarches relationnelles se tissent en lien avec différentes communautés. On retient entre autres l’importance d’entretenir ses relations, de revenir voir les gens, comme le dit Léuli. Il s’agit aussi d’accepter d’office que nous ferons des erreurs dans ces relations, et de penser ces moments comme des lieux de transformation, qui font partie d’un processus. Et finalement, que ce réseau de relations n’est pas centré sur les humains uniquement, mais qu’il s’inscrit dans un réseau encore plus vaste, relié aux autres vivants, à la nature qui nous entoure, nous traverse et nous anime.

Lorsque nous avons réfléchi les échanges publics organisés dans le cadre de notre projet d’alliance, c’était dans l’objectif de partager nos réflexions et questionnements, et d’aider d’autres organismes et membres de la communauté artistique dans leur réflexions sur ces enjeux. C’est aussi pourquoi nous avons enregistré chacun des échanges pour en faire des balados. 


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Invité.e.s

Léuli Eshrāghi
, né·e en 1986 en pays Yuwi, appartient aux clans Seumanutafa et Tautua de l’archipel sāmoan, mène une démarche artistique et commissariale privilégiant la visualité internationale autochtone, asiatique et noire, les langues sensuelles et parlées, et les pratiques cérémonielles-politiques. Iel est conservateurice des arts autochtones au Musée des beaux-arts de Montréal, mentor·e au sein du Projet Pilimmaksarniq / Pijariuqsarniq: Futurités inuit en leadership culturel et membre des comités des arts autochtones et des arts visuels du Conseil des arts de Montréal.

Praticien·ne en art action, poète et pédagogue, arkadi lavoie-lachapelle a grandi en campagne dans une famille francophone de classe moyenne. Sa pratique se déploie depuis plus de dix ans dans la métropole québécoise. Diplômé.e en arts visuels et médiatiques à l’UQAM (2013), iel présente ses œuvres dans plusieurs expositions et festivals au Canada ainsi qu’en Europe (notamment Espagne et Allemagne). Impliqué·e dans sa communauté, iel est membre artiste de l’atelier Gham et Dafe et fît administrateur·trice du festival VIVA! Art Action. Finaliste du prix Pierre-Ayot (AGAC, 2020) et du prix Sobey (2023), lavoie lachapelle est appuyé·e par ses pairs en tant que récipiendaire de plusieurs bourses du CAC et du CALQ.


Animatrice

Myriam Le Lan tente de centrer l'écoute, la présence et la compassion pour soi et l’Autre dans sa pratique quotidienne de la parole. Iel est coordonnatrice à la programmation de Folie/Culture, facilitateur de discussions, modèle vivant et amoureuse de toute forme de vie.



Merci à nos partenaires la Charpentes des fauves.