Aux confluents de l’Akiawenhrahk





                             























         
                 
















       












  
 





















Yahndawa’
Expositions à Québec : 
La Bande Vidéo, L’Œil 
de Poisson, VU, Baie Vitrée 
de Méduse
9 septembre – 16 octobre 2022

Exposition à Wendake : 
Musée huron-wendat
10 juin – 10 septembre 2023


Artistes
Aïcha Bastien N’Diaye, Alexis Gros-Louis, France Gros-Louis Morin, Andrée Levesque Sioui, Teharihulen Michel Savard, Manon Sioui, Nicolas Renaud, Annie Baillargeon, Anne-Marie Bouchard, Dgino Cantin, Phile Després, Érika Hagen-Veilleux, Jeffrey Poirier, Alain-Martin Richard

Auteur·trice·s
Guy Sioui Durand, Anne-Marie Proulx

Organismes
Avatar, La Bande Vidéo, La Chambre Blanche, Le Lieu, L’Œil de Poisson, Rhizome, VU







La première itération de l’exposition Yahndawa’ s’est déployée à l’automne 2022 dans différents espaces de diffusion de Méduse. L’événement rassembleur a permis de présenter des performances et des œuvres réalisées en collaboration, en co-création ou en dialogue avec les autres artistes, et/ou les centres.  

Yahndawa’ est ahaha’, une voie d’eau ancienne que la terre, ya’ta’, porte sur son dos. Ses flots ont transporté le ciel, yaronhia’, sur ses épaules bien avant de nous accueillir dans ses bras. Änen’enh; nous sommes ses enfants. Comme elle nous l’enseigne, les histoires et les rêves que nous portons se renouvellent au fil de nos relations, à la mesure de ce que l’on reçoit et de ce que l’on donne. Kwaweyih. Nos paroles, onywawenda’, sont aussi des promesses. Nos gestes marquent les écosystèmes; un jour, on bétonne les berges, un autre, on les libère pour que la vie reprenne ses droits. Tour à tour, nous portageons et nous faisons porter, nous nous relions entre nous et façonnons nos paysages. Onyiondih. Yithïa’ch.

– Andrée Levesque Sioui et Anne-Marie Proulx


Une visite guidée de l’exposition par Alain-Martin Richard, diffusée en direct le soir du vernissage, est disponible pour le visionnement.

  Visite guidée







Enregistrements audio, Anne-Marie Proulx et Guy Sioui Durand (VU)

À partir de mots wendats qui leur ont été chuchotés et au fil de conversations enregistrées, Anne-Marie Proulx et Guy Sioui Durand ont suivi un chemin qui traverse tant les mémoires anciennes et nouvelles que les territoires personnels et collectifs. Leur expérience en tant que témoins et participants de Yahndawa’ guide leurs échanges et retrace des moments du projet, mais les engage aussi sur des pistes inédites, comme quoi la rivière incite au mouvement. En faisant le choix de l’oralité, leurs mots deviennent des paroles vivantes qui les incitent à se déplacer sur le territoire, et à interpeller les lieux et les êtres rencontrés pour participer à cette conversation entre les mondes.

  Écouter ici  



Là où coulent les ramifications de nos portages, Teharihulen Michel Savard et Annie Baillargeon (VU)Au fil d’actions performatives qui ont mené à la réalisation de photographies, de vidéos et de sculptures, Annie Baillargeon et Teharihulen Michel Savard ont fait rencontrer leur personae – la sorcière et le guerrier – afin de se réapproprier des mythes et de partager des rituels de guérison. Abordant ensemble les violences et l’invisibilisation imposée depuis longtemps aux femmes et aux Autochtones, le duo a du même coup donné l’occasion à leurs identités de s’affirmer et d’entrer en dialogue. Autour de la rivière qui traverse la ville, les artistes proposent de s’unir pour soigner les êtres et les corps, l’humain et la nature.




Manon Sioui, France Gros-Louis Morin et Anne-Marie Bouchard (VU)
À l’image des trois artistes qui les ont cueillies dans leurs environnements proches, différents spécimens de plantes s’assemblent et composent un jardin commun. En recourant à des techniques les moins dommageables possible pour les écosystèmes et à des matériaux récupérés, le trio a intégré à même son procédé un soin envers la nature qui les unit. Avec le cyanotype, la lumière inscrit la présence des plantes sur le papier, et c’est au moment d’un rinçage à l’eau qu’apparaissent les images : ce processus de révélation évoque les amitiés qui ont surgi dans la cocréation, et qui les ont incité à aussi convoquer leurs ancêtres dans cet espace de partage.



Exodus / Shahies / Sans-titre, Alexis Gros-Louis (VU)Faisant usage de nombreuses références à la culture et au territoire wendat, Alexis Gros-Louis en propose des abstractions qui interrogent notre capacité à s’abstraire de l’histoire et de la mémoire, surtout quand est survenu une entrave ou une brisure. Ses œuvres convoquent ainsi différentes formes de distance – physique, historique, politique, économique, culturelle – qui s’interposent entre soi, notre conception du territoire et de ce qu’il représente. Elles retracent aussi le parcours d’un artiste qui reconnecte avec les terres ancestrales de sa nation, qui s’en rapproche tranquillement jusqu’à retrouver une part de son identité dans les détails d’un petit fruit.



La Parole entravée, Alain-Martin Richard (VU)La Parole entravée est une installation interactive réalisée avec l’ensemble des participants de Yahndawa’, qui ont été invité.e.s par Alain-Martin Richard à intervenir individuellement sur des perches de saule pour les faire devenir des bâtons de contact, puis à faire, devant caméra, une action performative reflétant leurs différentes interprétations de ce qui peut entraver ou alors libérer la parole. En galerie, les bâtons sont suspendus et deviennent une forêt sous laquelle brillent les Pléiades. Leur ombre projetée sur les flots continus d’une chute évoque le bruit ambiant qui parfois nous empêche de nous entendre, mais c’est là, au travers de ces flots qui à la fois se déversent et se régénèrent, que la parole se reforme.  




Confluences, Andrée Levesque Sioui, Erika Hagen-Veilleux et Jeffrey Poirier et Notes d’atelier, Erika Hagen-Veilleux (L’Œil de Poisson)Fruit d’une cocréation faisant écho aux forces inhérentes à la nature et aux rencontres humaines, le fléché encastré est un ouvrage de grand labeur réalisé à la main par le trio. La structure conçue par Poirier s’élève tel un monolithe massif et délicat, référant à l’aspect incommensurable des forces naturelles. L’ouvrage textile qui la traverse met en valeur la technique traditionnelle du tressage aux doigts de type fléché, pratiquée par Andrée Levesque Sioui qui l’a enseignée à ses deux comparses. Les notes d’atelier d’Hagen-Veilleux accompagnent l’œuvre et retracent la chronologie des gestes, des intentions et des expériences partagées entre les artistes.



Onyionhwentsa’, onywawenda’ - Racines de l’oralité, Andrée Levesque Sioui (L’Œil de Poisson)Andrée Levesque Sioui enseigne la langue wendat depuis plus de dix ans et pourtant cette langue polysynthétique demeure mystérieuse et fascinante. Elle s’intéresse ici à la racine des mots, la plus petite unité lexicale qui porte le sens principal d’un mot et à partir de laquelle on construit des mots-phrases – ces mots- rivières capables de faire voyager la parole, de se rappeler qui nous sommes et de lever le chant. Levesque Sioui matérialise yahndawa’ et son bassin versant comme une grand-mère qui porte les mots jusqu’à nous, elle qui n’oublie rien et qui a entendu la langue de ses ancêtres.



Performeur sul neutre,Phile Després (L’Œil de Poisson)Sur une longue feuille apposée au mur de l’exposition, Phile Després s’ouvre le cœur. Dans une lettre qui retrace son parcours dans Yahndawa’, le performeur fait l’aveu de ses réticences et ses malaises à participer dans cet échange. Després fait ainsi le choix de l’humilité, préférant mettre de côté l’éclat de ses actions performatives pour se mettre sur le mode de l’apprentissage encore à faire. Sa lettre dit tout haut les difficultés qui peuvent se poser quand on entre en relation avec une personne ou une culture qu’on ne connaît pas. Fort de sens et de sentiment, la lettre est récitée par l’artiste lors d’une performance, s’offrant ainsi autant à l’intime qu’au public.




Nos cœurs ratchets, Aïcha Bastien N’Diaye et Dgino Cantin (L’Œil de Poisson)Alliant danse, sculpture, appropriation de l’espace et du geste, Nos cœurs ratchets est une installation poétique qui présente les traces de la fusion des univers créatifs d’Aïcha Bastien N’Diaye et de Dgino Cantin. Cherchant à mettre en valeur leurs intérêts communs plutôt que de jouer sur leurs différences, l’œuvre joue de codes familiers éclectiques, empruntant à plusieurs univers, dont celui de la chasse, des cabarets enfumés ou encore des rings de boxe. Les sculptures de Cantin sont transformées en accessoires, lourds et fragiles, qui sont abandonnées aux mouvements et impulsions de Bastien N’Diaye, faisant naître des narrations où gestes et élans sont produits selon différents rythmes et contextes.



Installation vidéo et wampum, Nicolas Renaud (L’Œil de Poisson)Dans Onyionhwentsïio, un sentier de portage montre comment la charge qui courbe le dos peut être celle des nécessités de la vie ou de cinq siècles d’histoire. Représentation personnelle d’une identité métissée, cette vidéo trace des voies directes vers l’autre œuvre présentée en galerie, une installation vidéo portant sur un wampum catholique fabriqué en 1678 par des femmes wendat et offert à la cathédrale de Chartes où il est encore conservé aujourd’hui. Malgré les inscriptions en latin qui en ont fait un objet chrétien et qui peuvent apparaître comme le reflet d’une assimilation culturelle et d’une soumission à l’Église, Renaud a su percevoir la présence des pensées ancestrales wendat dans cet objet de parole, d’ententes politiques et de communication avec les esprits.



Onyionhwentsïio, Nicolas Renaud (Hall d’entrée de Méduse)Dans Onyionhwentsïio, un sentier de portage montre comment la charge qui courbe le dos peut être celle des nécessités de la vie ou de cinq siècles d’histoire. Représentation personnelle d’une identité métissée, cette vidéo trace des voies directes vers l’autre œuvre présentée en galerie, une installation vidéo portant sur un wampum catholique fabriqué en 1678 par des femmes wendat et offert à la cathédrale de Chartes où il est encore conservé aujourd’hui. Malgré les inscriptions en latin qui en ont fait un objet chrétien et qui peuvent apparaître comme le reflet d’une assimilation culturelle et d’une soumission à l’Église, Renaud a su percevoir la présence des pensées ancestrales wendat dans cet objet de parole, d’ententes politiques et de communication avec les esprits.




Vidéo de performance collective, Annie Baillargeon, Alexis Gros-Louis, Alain-Martin Richard, Teharihulen Michel Savard (Hall d’entrée de Méduse)Dans les bois situés entre la rivière, la ville, le chemin de fer et le cimetière, les quatres artistes se réunissent pour mettre en commun différentes actions performatives et interventions sur le territoire. Enfilant costumes, masques et raquettes, trois d’entre eux parcourent le boisé, ramassent les déchêts qu’ils y trouvent, les rapportent à un point de ralliement, les nettoyent ensemble. À la toute fin, ils rejoignent le quatrième, qui a planté drapeaux et plantes sur le territoire. Le document de cette performance collective et spontanée montre comment les artistes se sont rencontrés au travers de leurs univers de création respectifs.



Vertige et Les sept feu, Anne-Marie Bouchard et Manon Sioui, en collaboration avec France Gros-Louis Morin (La Bande vidéo)L’installation vidéo, articulée en deux parties distinctes et complémentaires, présente un paysage et sa rivière se reflétant et se détachant l’un de l’autre, coulant tel un horizon parallèle. Ce paysage, évoqué par des projections de plantes et matières naturelles, embrasse et donne naissance à sa rivière, cours d’eau de tissu finement perlé des motifs centraux du wampum de la prophétie des Sept feux auquel elle fait référence. La rivière des Sept feux devient ainsi lieu de rencontre et de partage – autant pour les délicats personnages en cosse de maïs qui y sont mis en scène que pour nous, spectateur·ice·s qui longent sa rive.




Ondulations : anatomie d’un désordre, Andrée Levesque Sioui, Erika Hagen- Veilleux et Jeffrey Poirier (Baie vitrée de Méduse)




Exposition au Musée 
huron-wendat, Wendake
10 juin – 10 septembre 2023



La seconde itération de l’exposition collective Yahndawa’ a été présentée au Musée huron-wendat de Wendake. À cette occasion, nous avons officiellement dévoilé la nouvelle murale présentée au CHSLD et les œuvres exposées à la Résidence pour aînés Marcel Sioui, découlant du projet de médiation Portages, qui a réuni les artistes Anne-Marie Bouchard, Manon Sioui et Andrée Levesque Sioui pour travailler avec un groupe de jeunes de la Maison des Jeunes de Wendake et d'aînés de la Résidence Marcel-Sioui.  







Yahndawa’

Expositions à Québec : La Bande Vidéo, L’Œil de Poisson, VU, Baie Vitrée de Méduse
9 septembre – 16 octobre 2022

Exposition à Wendake : Musée huron-wendat
10 juin – 10 septembre 2023

 


Artistes
Aïcha Bastien N’Diaye, Alexis Gros-Louis, France Gros-Louis Morin, Andrée Levesque Sioui, Teharihulen Michel Savard, Manon Sioui, Nicolas Renaud, Annie Baillargeon, Anne-Marie Bouchard, Dgino Cantin, Phile Després, Érika Hagen-Veilleux, Jeffrey Poirier, Alain-Martin Richard

Auteur·trice·s
Guy Sioui Durand, Anne-Marie Proulx

Organismes
Avatar, La Bande Vidéo, La Chambre Blanche, Le Lieu, L’Œil de Poisson, Rhizome, VU








La première itération de l’exposition Yahndawa’ s’est déployée à l’automne 2022 dans différents espaces de diffusion de Méduse. L’événement rassembleur a permis de présenter des performances et des œuvres réalisées en collaboration, en co-création ou en dialogue avec les autres artistes, et/ou les centres.  

Yahndawa’ est ahaha’, une voie d’eau ancienne que la terre, ya’ta’, porte sur son dos. Ses flots ont transporté le ciel, yaronhia’, sur ses épaules bien avant de nous accueillir dans ses bras. Änen’enh; nous sommes ses enfants. Comme elle nous l’enseigne, les histoires et les rêves que nous portons se renouvellent au fil de nos relations, à la mesure de ce que l’on reçoit et de ce que l’on donne. Kwaweyih. Nos paroles, onywawenda’, sont aussi des promesses. Nos gestes marquent les écosystèmes; un jour, on bétonne les berges, un autre, on les libère pour que la vie reprenne ses droits. Tour à tour, nous portageons et nous faisons porter, nous nous relions entre nous et façonnons nos paysages. Onyiondih. Yithïa’ch.

– Andrée Levesque Sioui et Anne-Marie Proulx


Une visite guidée de l’exposition par Alain-Martin Richard, diffusée en direct le soir du vernissage, est disponible pour le visionnement.

  Visite guidée



 



Enregistrements audio, Anne-Marie Proulx et Guy Sioui Durand (VU)

À partir de mots wendats qui leur ont été chuchotés et au fil de conversations enregistrées, Anne-Marie Proulx et Guy Sioui Durand ont suivi un chemin qui traverse tant les mémoires anciennes et nouvelles que les territoires personnels et collectifs. Leur expérience en tant que témoins et participants de Yahndawa’ guide leurs échanges et retrace des moments du projet, mais les engage aussi sur des pistes inédites, comme quoi la rivière incite au mouvement. En faisant le choix de l’oralité, leurs mots deviennent des paroles vivantes qui les incitent à se déplacer sur le territoire, et à interpeller les lieux et les êtres rencontrés pour participer à cette conversation entre les mondes.

  Écouter ici  



Là où coulent les ramifications de nos portages, Teharihulen Michel Savard et Annie Baillargeon (VU)
Au fil d’actions performatives qui ont mené à la réalisation de photographies, de vidéos et de sculptures, Annie Baillargeon et Teharihulen Michel Savard ont fait rencontrer leur personae – la sorcière et le guerrier – afin de se réapproprier des mythes et de partager des rituels de guérison. Abordant ensemble les violences et l’invisibilisation imposée depuis longtemps aux femmes et aux Autochtones, le duo a du même coup donné l’occasion à leurs identités de s’affirmer et d’entrer en dialogue. Autour de la rivière qui traverse la ville, les artistes proposent de s’unir pour soigner les êtres et les corps, l’humain et la nature.




Manon Sioui, France Gros-Louis Morin et Anne-Marie Bouchard (VU)
À l’image des trois artistes qui les ont cueillies dans leurs environnements proches, différents spécimens de plantes s’assemblent et composent un jardin commun. En recourant à des techniques les moins dommageables possible pour les écosystèmes et à des matériaux récupérés, le trio a intégré à même son procédé un soin envers la nature qui les unit. Avec le cyanotype, la lumière inscrit la présence des plantes sur le papier, et c’est au moment d’un rinçage à l’eau qu’apparaissent les images : ce processus de révélation évoque les amitiés qui ont surgi dans la cocréation, et qui les ont incité à aussi convoquer leurs ancêtres dans cet espace de partage.



Exodus / Shahies / Sans-titre, Alexis Gros-Louis (VU)
Faisant usage de nombreuses références à la culture et au territoire wendat, Alexis Gros-Louis en propose des abstractions qui interrogent notre capacité à s’abstraire de l’histoire et de la mémoire, surtout quand est survenu une entrave ou une brisure. Ses œuvres convoquent ainsi différentes formes de distance – physique, historique, politique, économique, culturelle – qui s’interposent entre soi, notre conception du territoire et de ce qu’il représente. Elles retracent aussi le parcours d’un artiste qui reconnecte avec les terres ancestrales de sa nation, qui s’en rapproche tranquillement jusqu’à retrouver une part de son identité dans les détails d’un petit fruit.



La Parole entravée, Alain-Martin Richard (VU)
La Parole entravée est une installation interactive réalisée avec l’ensemble des participants de Yahndawa’, qui ont été invité.e.s par Alain-Martin Richard à intervenir individuellement sur des perches de saule pour les faire devenir des bâtons de contact, puis à faire, devant caméra, une action performative reflétant leurs différentes interprétations de ce qui peut entraver ou alors libérer la parole. En galerie, les bâtons sont suspendus et deviennent une forêt sous laquelle brillent les Pléiades. Leur ombre projetée sur les flots continus d’une chute évoque le bruit ambiant qui parfois nous empêche de nous entendre, mais c’est là, au travers de ces flots qui à la fois se déversent et se régénèrent, que la parole se reforme.  




Confluences, Andrée Levesque Sioui, Erika Hagen-Veilleux et Jeffrey Poirier et Notes d’atelier, Erika Hagen-Veilleux (L’Œil de Poisson)
Fruit d’une cocréation faisant écho aux forces inhérentes à la nature et aux rencontres humaines, le fléché encastré est un ouvrage de grand labeur réalisé à la main par le trio. La structure conçue par Poirier s’élève tel un monolithe massif et délicat, référant à l’aspect incommensurable des forces naturelles. L’ouvrage textile qui la traverse met en valeur la technique traditionnelle du tressage aux doigts de type fléché, pratiquée par Andrée Levesque Sioui qui l’a enseignée à ses deux comparses. Les notes d’atelier d’Hagen-Veilleux accompagnent l’œuvre et retracent la chronologie des gestes, des intentions et des expériences partagées entre les artistes.



Onyionhwentsa’, onywawenda’ - Racines de l’oralité, Andrée Levesque Sioui (L’Œil de Poisson)
Andrée Levesque Sioui enseigne la langue wendat depuis plus de dix ans et pourtant cette langue polysynthétique demeure mystérieuse et fascinante. Elle s’intéresse ici à la racine des mots, la plus petite unité lexicale qui porte le sens principal d’un mot et à partir de laquelle on construit des mots-phrases – ces mots- rivières capables de faire voyager la parole, de se rappeler qui nous sommes et de lever le chant. Levesque Sioui matérialise yahndawa’ et son bassin versant comme une grand-mère qui porte les mots jusqu’à nous, elle qui n’oublie rien et qui a entendu la langue de ses ancêtres.



Performeur sul neutre, Phile Després (L’Œil de Poisson)
Sur une longue feuille apposée au mur de l’exposition, Phile Després s’ouvre le cœur. Dans une lettre qui retrace son parcours dans Yahndawa’, le performeur fait l’aveu de ses réticences et ses malaises à participer dans cet échange. Després fait ainsi le choix de l’humilité, préférant mettre de côté l’éclat de ses actions performatives pour se mettre sur le mode de l’apprentissage encore à faire. Sa lettre dit tout haut les difficultés qui peuvent se poser quand on entre en relation avec une personne ou une culture qu’on ne connaît pas. Fort de sens et de sentiment, la lettre est récitée par l’artiste lors d’une performance, s’offrant ainsi autant à l’intime qu’au public.




Nos cœurs ratchets, Aïcha Bastien N’Diaye et Dgino Cantin (L’Œil de Poisson)
Alliant danse, sculpture, appropriation de l’espace et du geste, Nos cœurs ratchets est une installation poétique qui présente les traces de la fusion des univers créatifs d’Aïcha Bastien N’Diaye et de Dgino Cantin. Cherchant à mettre en valeur leurs intérêts communs plutôt que de jouer sur leurs différences, l’œuvre joue de codes familiers éclectiques, empruntant à plusieurs univers, dont celui de la chasse, des cabarets enfumés ou encore des rings de boxe. Les sculptures de Cantin sont transformées en accessoires, lourds et fragiles, qui sont abandonnées aux mouvements et impulsions de Bastien N’Diaye, faisant naître des narrations où gestes et élans sont produits selon différents rythmes et contextes.



Installation vidéo et wampum, Nicolas Renaud (L’Œil de Poisson)
Dans Onyionhwentsïio, un sentier de portage montre comment la charge qui courbe le dos peut être celle des nécessités de la vie ou de cinq siècles d’histoire. Représentation personnelle d’une identité métissée, cette vidéo trace des voies directes vers l’autre œuvre présentée en galerie, une installation vidéo portant sur un wampum catholique fabriqué en 1678 par des femmes wendat et offert à la cathédrale de Chartes où il est encore conservé aujourd’hui. Malgré les inscriptions en latin qui en ont fait un objet chrétien et qui peuvent apparaître comme le reflet d’une assimilation culturelle et d’une soumission à l’Église, Renaud a su percevoir la présence des pensées ancestrales wendat dans cet objet de parole, d’ententes politiques et de communication avec les esprits.



Onyionhwentsïio,
Nicolas Renaud (Hall d’entrée de Méduse)

Dans Onyionhwentsïio, un sentier de portage montre comment la charge qui courbe le dos peut être celle des nécessités de la vie ou de cinq siècles d’histoire. Représentation personnelle d’une identité métissée, cette vidéo trace des voies directes vers l’autre œuvre présentée en galerie, une installation vidéo portant sur un wampum catholique fabriqué en 1678 par des femmes wendat et offert à la cathédrale de Chartes où il est encore conservé aujourd’hui. Malgré les inscriptions en latin qui en ont fait un objet chrétien et qui peuvent apparaître comme le reflet d’une assimilation culturelle et d’une soumission à l’Église, Renaud a su percevoir la présence des pensées ancestrales wendat dans cet objet de parole, d’ententes politiques et de communication avec les esprits.




Vidéo de performance collective,
Annie Baillargeon, Alexis Gros-Louis, Alain-Martin Richard, Teharihulen Michel Savard (Hall d’entrée de Méduse)

Dans les bois situés entre la rivière, la ville, le chemin de fer et le cimetière, les quatres artistes se réunissent pour mettre en commun différentes actions performatives et interventions sur le territoire. Enfilant costumes, masques et raquettes, trois d’entre eux parcourent le boisé, ramassent les déchêts qu’ils y trouvent, les rapportent à un point de ralliement, les nettoyent ensemble. À la toute fin, ils rejoignent le quatrième, qui a planté drapeaux et plantes sur le territoire. Le document de cette performance collective et spontanée montre comment les artistes se sont rencontrés au travers de leurs univers de création respectifs.



Vertige et Les sept feu, Anne-Marie Bouchard et Manon Sioui, en collaboration avec France Gros-Louis Morin (La Bande vidéo)
L’installation vidéo, articulée en deux parties distinctes et complémentaires, présente un paysage et sa rivière se reflétant et se détachant l’un de l’autre, coulant tel un horizon parallèle. Ce paysage, évoqué par des projections de plantes et matières naturelles, embrasse et donne naissance à sa rivière, cours d’eau de tissu finement perlé des motifs centraux du wampum de la prophétie des Sept feux auquel elle fait référence. La rivière des Sept feux devient ainsi lieu de rencontre et de partage – autant pour les délicats personnages en cosse de maïs qui y sont mis en scène que pour nous, spectateur·ice·s qui longent sa rive.




Ondulations : anatomie d’un désordre
, Andrée Levesque Sioui, Erika Hagen- Veilleux et Jeffrey Poirier (Baie vitrée de Méduse)






Exposition au Musée 
huron-wendat, Wendake
10 juin – 10 septembre 2023



La seconde itération de l’exposition collective Yahndawa’ a été présentée au Musée huron-wendat de Wendake. À cette occasion, nous avons officiellement dévoilé la nouvelle murale présentée au CHSLD et les œuvres exposées à la Résidence pour aînés Marcel Sioui, découlant du projet de médiation Portages, qui a réuni les artistes Anne-Marie Bouchard, Manon Sioui et Andrée Levesque Sioui pour travailler avec un groupe de jeunes de la Maison des Jeunes de Wendake et d'aînés de la Résidence Marcel-Sioui.