Aux confluents de l’Akiawenhrahk
Journée d’échange de l’équinoxe
Avec des membres d’Ahkwayaonhkeh, de VU
et du Cinéma Beaumont
Cabane à sucre familiale d’Alexandre Béland, Portneuf (Onyionhwentsïio’)
26 mars 2024
Étaient présent·e·s : Alexandre Béland et son père, Julia Caron Guillemette, Ariane Caron Lachance, Jacynthe Carrier, Vincent Dion, Vincent Drouin, Véronique Isabelle, Géraldine Martin, Anne-Marie Proulx, Andrée Levesque Sioui, Teharihulen Michel Savard, Manon Sioui, Guy Sioui Durand, Olivier Thibeault, Sarah Toung ondo, Kristel Tremblay
À l’occasion de l’équinoxe de printemps, nous avons souhaité faire le point, constater le chemin parcouru depuis la journée d’échange réalisée neuf mois plus tôt. L’objectif était de mieux comprendre où nous en sommes, et d'entrevoir ensemble les voies que nous souhaitons emprunter pour le futur. Le comité Kwatriho’tat a donc invité des personnes impliquées dans les activités d’Ahkwayaonhkeh et de VU. Et puisque nous avions entamé une relation à travers la programmation de projections, nous avons aussi invité Ariane du Cinéma Beaumont.
Si, lors de la dernière journée d’échange, c’était Teharihulen qui nous avait accueilli chez lui, cette fois, il y avait une volonté de la part de l’équipe de VU d’accueillir à son tour. En effet, lors de nos rencontres, ce sont les Wendat qui partageaient principalement leurs rituels, leurs protocoles. Les membres allochtones de l’Alliance se sont alors demandés : qu’avons-nous à partager? De là est venue l’idée de la cabane à sucre, tradition à la fois très importante dans la culture québécoise et héritée des peuples autochtones. Il s’agissait là d’une belle occasion de réflexion et de partage autour des coutumes liées à nos cultures et à y voir les points de rencontre. Nous nous sommes donc rassemblé·e·s à la cabane à sucre familiale d’Alexandre de VU.
Écouter les érables couler
Pour commencer, Alexandre et son père nous ont accueilli chez eux et parlé de l’importance de ce lieu pour leur famille. Nous avons alimenté le feu, avons fait une offrande de tabac et Teharihulen a prononcé les remerciements.
Jacynthe nous a partagé son regard sensible sur cette période de l’année, et Andrée nous a aussi parlé de Wahta’, l’érable, puis nous avons fait un tour de table pour nommer à tour de rôle quelque chose auquel nous souhaitions être attentif dans la journée (la lumière, la mousse, l'eau, l'odeur, etc...) et qui nous rendrait par le fait même présent au lieu. Pour nous enraciner dans le territoire, nous avons bu l’eau de Wahta’, puis nous sommes ensuite allés nous promener, suivant chacun notre tracé en silence pour écouter les érables couler.
« Je me rappelle avoir été émue de cette reconnaissance envers Wahta’, et y avoir vu un parallèle entre les larmes qui se formaient au coin de mes yeux et la sève qui monte dans l’arbre. Ces moments partagés sont des occasions de connexion. » – Anne-Marie Proulx
Cet événement a été une occasion d’initier certaines personnes à des enjeux rencontrés par les artistes autochtones, notamment au niveau des appels de dossiers. L’importance de la construction de relations où les artistes se sentent bien a été réitérée.
Ce qui en est ressorti, c’est qu’il n’y a pas de formule magique pour ouvrir les organismes à une démarche davantage décoloniale, ni pour inclure des artistes autochtones à nos programmations. Il faut du temps, de l’investissement personnel et professionnel. Mais dans le contexte actuel des centres d’artistes, où il faut toujours faire plus avec moins, comment trouver l’espace et le temps? Bien qu’il n’existe pas de réponse claire à cette question, il demeure important de nommer les freins et les obstacles afin de commencer à voir les chemins à parcourir.
Ce qui a coulé jusqu’à maintenant
Après ce moment de recueillement, chacun.e a été invité.e à partager un moment ou élément marquant de l’alliance. Parmi ce qui a été nommé on retient : les relations et leur poursuite dans le temps, la création de nouvelles relations, la présentation de films autochtones, et on en passe…
Nous avons ensuite mangé, car le partage de nourriture cultive aussi ces relations, les nourrit littéralement. Au menu : potage de courge, jambon, fromage, crêpes, fèves au lard.. et bien sûr, du sirop de notre ami Wahta’!
Récolter l’eau d’érable
Après avoir partagé un bon repas, nous sommes retourné.e.s nous enraciner dans le territoire, cette fois dans un esprit davantage collectif. Ensemble, nous avons récolté l’eau d’érable.
Pendant que ça bouille
Pour accompagner l’eau fraîchement récoltée, nous avons fait bouillir nos idées, mélangé nos visions. D’une part, nous avons réfléchi aux défis rencontrés, à la difficulté de communiquer les réflexions, même les activités de l’Alliance. Qui fait partie de l’Alliance? Qui est assis à la fameuse table où les discussions ont cours? Avec qui faut-il parler lorsqu’on veut s’adresser à l’Alliance? Comment faire pour tenir tout le monde informé.e? Est-ce nécessaire? Plusieurs mois plus tard, nous n’avons pas les réponses à toutes ces questions. On constate que plus le réseau de relations s’étend, plus les communications peuvent devenir complexes. Bien qu’elle ne réponde pas à tous les défis, nous avons réussi à trouver une solution: qu’il est du devoir de chacun.e d’être un.e bon.ne porte-parole pour l’Alliance.
Finalement, nous avons émis nos souhaits.
Que voulons-nous pour l’avenir de l’alliance?
« L’alliance, c’est aussi de prendre soin. Si on est en alliance, il faut prendre soin l’un de l’autre. » – Teharihulen Michel Savard
« On peut se souhaiter que ca aille plus loin. Le souhait, ce n’est pas que quand l’alliance sera terminée, que ces relations se terminent elles aussi. Moi, je le vois comme les relations fondatrices, avec une direction, qui vont donner sens à ceux qui vont venir après, Autochtones et Allochtones. De dire, ça existe, donc oui on peut être ensemble. Comment on peut s’écouter en respect les uns avec les autres. » – Andrée Levesque Sioui
« Ce sont des expériences à partager. Ce ne sont pas des connaissances en soi, mais des expériences à partager. Et, ce serait comme un lieu de partage pour les autres centres. » – Véronique Isabelle
Journée d’échange de l’équinoxe
Avec des membres d’Ahkwayaonhkeh, de VU et du Cinéma Beaumont
Cabane à sucre familiale d’Alexandre Béland, Portneuf (Onyionhwentsïio’)
26 mars 2024
Étaient présent·e·s : Alexandre Béland et son père, Julia Caron Guillemette, Ariane Caron Lachance, Jacynthe Carrier, Vincent Dion, Vincent Drouin, Véronique Isabelle, Géraldine Martin, Anne-Marie Proulx, Andrée Levesque Sioui, Teharihulen Michel Savard, Manon Sioui, Guy Sioui Durand, Olivier Thibeault, Sarah Toung ondo, Kristel TremblayÀ l’occasion de l’équinoxe de printemps, nous avons souhaité faire le point, constater le chemin parcouru depuis la journée d’échange réalisée neuf mois plus tôt. L’objectif était de mieux comprendre où nous en sommes, et d'entrevoir ensemble les voies que nous souhaitons emprunter pour le futur. Le comité Kwatriho’tat a donc invité des personnes impliquées dans les activités d’Ahkwayaonhkeh et de VU. Et puisque nous avions entamé une relation à travers la programmation de projections, nous avons aussi invité Ariane du Cinéma Beaumont.
Si, lors de la dernière journée d’échange, c’était Teharihulen qui nous avait accueilli chez lui, cette fois, il y avait une volonté de la part de l’équipe de VU d’accueillir à son tour. En effet, lors de nos rencontres, ce sont les Wendat qui partageaient principalement leurs rituels, leurs protocoles. Les membres allochtones de l’Alliance se sont alors demandés : qu’avons-nous à partager? De là est venue l’idée de la cabane à sucre, tradition à la fois très importante dans la culture québécoise et héritée des peuples autochtones. Il s’agissait là d’une belle occasion de réflexion et de partage autour des coutumes liées à nos cultures et à y voir les points de rencontre. Nous nous sommes donc rassemblé·e·s à la cabane à sucre familiale d’Alexandre de VU.
Écouter les érables couler
Pour commencer, Alexandre et son père nous ont accueilli chez eux et parlé de l’importance de ce lieu pour leur famille. Nous avons alimenté le feu, avons fait une offrande de tabac et Teharihulen a prononcé les remerciements.
Jacynthe nous a partagé son regard sensible sur cette période de l’année, et Andrée nous a aussi parlé de Wahta’, l’érable, puis nous avons fait un tour de table pour nommer à tour de rôle quelque chose auquel nous souhaitions être attentif dans la journée (la lumière, la mousse, l'eau, l'odeur, etc...) et qui nous rendrait par le fait même présent au lieu. Pour nous enraciner dans le territoire, nous avons bu l’eau de Wahta’, puis nous sommes ensuite allés nous promener, suivant chacun notre tracé en silence pour écouter les érables couler.
« Je me rappelle avoir été émue de cette reconnaissance envers Wahta’, et y avoir vu un parallèle entre les larmes qui se formaient au coin de mes yeux et la sève qui monte dans l’arbre. Ces moments partagés sont des occasions de connexion. » – Anne-Marie Proulx
Cet événement a été une occasion d’initier certaines personnes à des enjeux rencontrés par les artistes autochtones, notamment au niveau des appels de dossiers. L’importance de la construction de relations où les artistes se sentent bien a été réitérée.
Ce qui en est ressorti, c’est qu’il n’y a pas de formule magique pour ouvrir les organismes à une démarche davantage décoloniale, ni pour inclure des artistes autochtones à nos programmations. Il faut du temps, de l’investissement personnel et professionnel. Mais dans le contexte actuel des centres d’artistes, où il faut toujours faire plus avec moins, comment trouver l’espace et le temps? Bien qu’il n’existe pas de réponse claire à cette question, il demeure important de nommer les freins et les obstacles afin de commencer à voir les chemins à parcourir.
Ce qui a coulé jusqu’à maintenant
Après ce moment de recueillement, chacun.e a été invité.e à partager un moment ou élément marquant de l’alliance. Parmi ce qui a été nommé on retient : les relations et leur poursuite dans le temps, la création de nouvelles relations, la présentation de films autochtones, et on en passe…
Nous avons ensuite mangé, car le partage de nourriture cultive aussi ces relations, les nourrit littéralement. Au menu : potage de courge, jambon, fromage, crêpes, fèves au lard.. et bien sûr, du sirop de notre ami Wahta’!
Récolter l’eau d’érable
Après avoir partagé un bon repas, nous sommes retourné.e.s nous enraciner dans le territoire, cette fois dans un esprit davantage collectif. Ensemble, nous avons récolté l’eau d’érable.
Pendant que ça bouille
Pour accompagner l’eau fraîchement récoltée, nous avons fait bouillir nos idées, mélangé nos visions. D’une part, nous avons réfléchi aux défis rencontrés, à la difficulté de communiquer les réflexions, même les activités de l’Alliance. Qui fait partie de l’Alliance? Qui est assis à la fameuse table où les discussions ont cours? Avec qui faut-il parler lorsqu’on veut s’adresser à l’Alliance? Comment faire pour tenir tout le monde informé.e? Est-ce nécessaire? Plusieurs mois plus tard, nous n’avons pas les réponses à toutes ces questions. On constate que plus le réseau de relations s’étend, plus les communications peuvent devenir complexes. Bien qu’elle ne réponde pas à tous les défis, nous avons réussi à trouver une solution: qu’il est du devoir de chacun.e d’être un.e bon.ne porte-parole pour l’Alliance.
Finalement, nous avons émis nos souhaits.
Que voulons-nous pour l’avenir de l’alliance?
« L’alliance, c’est aussi de prendre soin. Si on est en alliance, il faut prendre soin l’un de l’autre. » – Teharihulen Michel Savard
« On peut se souhaiter que ca aille plus loin. Le souhait, ce n’est pas que quand l’alliance sera terminée, que ces relations se terminent elles aussi. Moi, je le vois comme les relations fondatrices, avec une direction, qui vont donner sens à ceux qui vont venir après, Autochtones et Allochtones. De dire, ça existe, donc oui on peut être ensemble. Comment on peut s’écouter en respect les uns avec les autres. » – Andrée Levesque Sioui
« Ce sont des expériences à partager. Ce ne sont pas des connaissances en soi, mais des expériences à partager. Et, ce serait comme un lieu de partage pour les autres centres. » – Véronique Isabelle