« Parfois il semble qu’il faut aller loin pour se rendre compte qu’on connaît mal les personnes près de nous. Ce sont mes amis innus rencontrés à Pakuashipi en Basse-Côte-Nord qui m’ont fait réaliser que je connaissais si peu la communauté wendat, située tout près que chez moi. C’est cette amitié qui m’a donné envie de m’engager à développer de telles relations dans notre région. »
– Anne-Marie Proulx, codirectrice artistique, VU et membre du comité Kwatriho’tat
« Souvent, c’est quelqu’un qui nous connecte ensemble. Pour ma part c’est Guy qui m’a mis en lien avec Anne-Marie, et c’est cette première rencontre qui a permis qu’on se parle, qu’on découvre des affinités et qu’au fil du temps on ait envie de collaborer ensemble. Je dirais que c’est le côté artistique qui nous a uni, l’envie de partager quelque chose ensemble. »
– Teharihulen Michel Savard, membre du comité Kwatriho’tat
« J’avais 16 ans quand mon père m’a amenée rencontrer Maurice Picard dans sa shop à canot à Wendake avant que je me lance dans la construction de mon canot de cèdre, qui s’est présenté comme étant un rite de passage de l’adolescence vers le début de la vie adulte. Seize ans plus tard, j’ai été amenée à en construire un autre, cette fois en Amazonie pour aller à la rencontre des eaux de là-bas et de ses habitants. C’est avec ce canot que j’ai été introduite à la figure du grand serpent qui m’a accompagnée durant plusieurs années et avec laquelle je suis revenue au Québec, par la rivière St-Charles que j’appelle désormais Akiawenrahk. C’est ensuite Michel qui m’a parlé du grand serpent qui repose sous la chute Kabir Kouba et j’ai compris que j’étais rendue à un moment de ma vie où j’allais entreprendre un portage. »
– Véronique Isabelle, chargée de projets, VU et membre du comité Kwatriho’tat
« Pour moi ce fut un désir d’apprendre à se connaître mais surtout de travailler en collectif pour déterminer ce que nous voulions créer ensemble. Je me suis engagé dans ce projet avec le sentiment que l’art peut être un espace qui permet d'accueillir des perspectives différentes mais aussi de créer des occasions de partage et de nouvelles appartenances. »
– Jacynthe Carrier, codirectrice artistique, VU et membre du comité Kwatriho’tat
« Le moment pivot pour moi, c’est lorsque je vois pour la première fois l’oeuvre Indian Act de Nadia Myre. Même par sa présence virtuelle, l’installation me bouleverse. À la suite de cette rencontre, mon rapport au système colonial – au sein duquel j’ai toujours évolué et qu’en réalité je ne remarquais pas jusque là – a été renversé. C’est cette prise de conscience initiale qui me mènera de fil en aiguille à entrer dans l’Alliance. »
– Julia Caron Guillemette, Co-coordonnatrice artistique et administrative, Ahkwayaonhkeh
Ce qui nous a mené à nous allier
On nous demande souvent comment l’Alliance a commencé, et il nous est toujours un peu difficile de répondre à cette question, car le chemin qui nous y a mené n’est pas linéaire. Il serait plutôt à l’image d’une rivière et de ses affluents, fait de relations, où chaque personne qui s’y joint arrive d’une direction qui lui est propre.
Ce n’est sans doute pas un hasard que le projet qui a réuni plusieurs d’entre nous avant l’élaboration de l’Alliance soit Yahndawa’ (rivière en langue wendate), l’échange entre artistes de Wendake et de Québec. Mais ce n’est qu’une partie de l’histoire, une seule de ses branches.
Avant Yahndawa’, toutes sortes de trajectoires ont mené les différentes personnes impliquées à ce projet. Et d’autres personnes qui n’ont pas été présentes lors de Yahndawa’ nous ont rejoint un peu plus tard.
Pour imager ces trajectoire diverses, nous avons demandé à différentes personnes impliquées dans l’Alliance de nommer un événement clé qui, de près ou de plus loin, les a menées jusqu’à elle.